Un baroudeur traileur


Non classé / mercredi, mai 13th, 2020

Vous vous êtes peut-être demandé pourquoi une catégorie TRAIL sur le blog des deux petits baroudeurs ?

Hé bien, Je (Cris) suis un grand passionné de course à pied et plus particulièrement de trail. Cette passion des coureurs qui peuvent partir pour 70 bornes de nuit au mois de Décembre. Oui celle-ci, elle ne cesse de grandir et de m’épanouir alors pourquoi ne pas la partager. Grand amoureux de Nature, glouton de "TUC-saucisson" aux ravitaillements, en montagnes et en forêts, le trail me permet aussi de voyager et de me dépasser. J’espère vous entraîner avec moi dans ce trip !

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Ma pratique du Trail

Cross de collégien et préparation physique de footeux

En réalité, je crois qu’il faut remonter au collège pour retracer les débuts de cette passion. Un trimestre ou deux de course à pied en EPS et puis les 1ers Cross départementaux. Tu sais avec ce fameux prof' de sport un peu chelou en vieux survet’ qui te regardait tourner autour d’un stade sous la pluie. Lui au sec, toi dans les flaques à compter les plots dépassés. Une façon très brute de t’inculquer l’art du dépassement de soi.

A l’époque, je suis à fond dans le foot. Hé oui, vous avez affaire à un ancien mordu de football, j’ai pratiqué de 5 à 22 ans non-stop et à fond ! Ne dit-on pas que les footballeurs font de bons coureurs ?

Bref revenons à nos moutons, la course à pied. Je crois que je prenais déjà pas mal de plaisir à me mettre dans le rouge lors des cross. Vous voyez ce dont je parle, le froid et le goût du sang dans la bouche ! Tu ne savais pas comment t’habiller, tu finissais tous les temps les lèvres bleues à deux doigts de l’hypothermie. Mais le plus important, c'était cette immense satisfaction d’avoir tout donné. Et puis j’aimais déjà bien la compét’ disons-le. Alors j’étais fier comme un paon de faire partie de l’équipe du collège qui allait au cross régional. Toujours ce même prof qui faisait passer des épreuves de sélection comme si tu préparais les JO.

Donc jusque-là, ma pratique du running était occasionnelle. Le cerveau tourné vers la préparation physique pour le foot. Même si l’endurance a toujours été mon petit point fort. J’étais ce gars qui faisait les tours d’échauffement en se prenant pour Forest Gump. J’étais loin d’être bon techniquement, ni très rapide au foot mais je ne ménageais jamais mes efforts. J’ai dû en faire des bornes sur les terrains, croyez-moi !

Ah si je courais vraiment, de temps en temps, je partais avec un oncle ou un cousin. Quand j’y repense on faisait quand même quelques bornes à bonne allure pour un gosse. J’aimais bien finir à fond alors que je leur avais « sucé la roue » toute la sortie (soyez pas choqués, ça se dit pour celui qui reste derrière à l’aspiration). Sale gosse.

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Mes débuts de joggeur

Ma 1ère participation à une course, c’était en 2014 à 23 ans. Dedieu' il en a fallu du temps. Avec quelques kilos en trop, le relâchement des premières années de FAC, j’accroche péniblement un chrono sous les 50min sur 10km. 49’58’’, ça compte ! Ça rigole plus là hin ? Je ne savais pas où je mettais les pieds ce jour-là. Enfin si j’étais à Bron un dimanche matin. Je m’en posais des questions : où se placer au départ ? comment gérer son effort ? Comme si j’allais faire un miracle et éclater tout le monde. J’avais dû regarder un Marvel la veille au soir.

Cela ne s’est pas trop mal passé et m’a même un peu piqué au vif. J’en voulais plus. Certainement l’âme de compétiteur qui refaisait surface. Je repense parfois à ce concurrent qui tapait des sprints puis marchait à côté de moi. Il m’a plombé le moral au moins pendant 5 bornes. Je me comparais à ce gars à l’époque.

Tout de même fier de ma « perf’ », je me pointais le lendemain au boulot en pensant ne pas être si dégueu' que ça. Je découvrais alors que je bossais avec des gars vraiment costauds. A l’époque, j’étais dans un magasin spécialisé de running. Il y avait un anglais, Marc, il avait couru un 10km en 32’02’’. Un autre monde, j’étais admiratif car il n’en faisait vraiment pas un fromage ! Mais bordel, il mettait presque 18 min de moins que moi sur 10 kilomètres ! Aoutch’ ça pique!

15 jours après cette course, je participe à mon 1er trail de 16km, la Fontaine des ânes dans le beaujolais près de Lyon. Je vous le conseille, il est juste magnifique pour un trail nature aussi près de Lyon. Puis dans la foulée (elle est facile celle-là), je m’essaie au trail Nocturne sur la nuit des Cabornes sur 25km et 1200m de dénivelé positif. Physiquement c’est très très dur mais psychologiquement c’est une découverte. Je me rappelle encore de la nuit qui a suivi où j’ai essayé de dormir avec les guiboles en feu et la jauge à dopamine au max. Bin oui je ne grimpais pas bien vite en revanche je descendais comme un gamin. La gestion de course ? Je ne connaissais pas.

Je termine cette première année avec un semi-marathon au Run in Lyon. Il n’a pas dû beaucoup me marquer car je ne m’en souviens pas tellement. Une trace sur Kikourou, c'est tout!

Franchement, je revenais de loin mais j’étais plutôt sur une bonne vague. De l’apprentissage (souvent par l’erreur) et de l’entrainement. J’avançais doucement.

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2015, le gars est chaud

2015 reste certainement mon année trail et running la plus complète. Une forme et une motivation croissantes qui me mènent jusque sur la Saintélyon. 72 bornes en 9h20. Quelle expérience mentale. J’avoue avoir été revanchard car début 2015, je n’avais pas vraiment le profil type du traileur et on me le rappelait bien. Merci les gars car j’aime donner tort aux gens qui me disent que je n’en suis pas capable. Ouh le vilain ! Je découvre donc la longue distance, l’entrainement et l’introspection. Repousser ses limites physiques et psychologiques. Que le corps est une machine robuste. Je me rappelle avoir enchaîné mes premiers gros blocs d’entrainement. Ma toute première semaine à plus de 100 km. Si si j’en ai la preuve. La première fois que j’avais la veine saillante sur les mollets. Je pouvais aussi enfin mettre une sensation sur des discussions avec les clients ultra-traileurs au boulot.

Oui, je vous vois venir, ce n’est pas bien d’être passé de format 25km à 70km. C’est mieux d’être progressif dans ces objectifs. Mais c’est passé ! héhé !

Au fait, je me souviens de mon semi-marathon au Run in Lyon cette année-là. Je m'étais inscrit sans ambition mais pour valider mon entrainement pour la Sainté. Je me rappelle avoir eu des cannes de feu. Je courais à un rythme que je ne connaissais pas jusque là. Une sensation si agréable.

 

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 2016 Foutu boulot

Nouvelle saison, je souhaite me relancer sur un format 70km avec plus de dénivelé. Progresser sur la grimpette !

Le trail de « la promenade du bucheron » est parfait, vous ne connaissez pas , c’est normal. Il se déroule dans ma campagne de l’Ain, dans le Bugey. Mais je peine à garder un bon rythme d’entrainement avec un changement de poste au boulot. J’arrive donc pas vriment frais au départ de la course… Une préparation difficile tant sur le volume que sur la qualité ! Mon rythme hebdomadaire : Après avoir pris mon vélo puis le train(Caluire-Part Dieu-Bourgoin), j’arrive à faire quelques séances avant d’attaquer le boulot. Mais sans douche, c’est rinçage dans un évier à l’eau froide ! Au moins pas besoin de cryothérapie pour la récupération ! Bref ce n’est pas le goulag mais ce n’est quand même pas la folie.

Le jour J, je pars en fanfare, comme si on m’avait greffé des guiboles et un moteur de mec ultra costaud. Je me souviens qu’après 12 ou 13 bornes et 1100m de dénivelé (oui gros ratio de montée au début, il y a de belles montagnes dans le Bugey) on m’annonce dans les 3 premiers  (sur une trentaine de partants mais quand même). Là, j’ai encore un doute, « Am I so strong ? » L’illusion ne dure que jusqu’au 20-25ème kilomètre où j’explose littéralement. Je vous passe les détails croustillants. Le début des 40 plus longs kilomètres de ma vie. Mais en même temps, j’ai certainement fait les 12 plus beaux en début de course. J’arrive dans un état lamentable au premier ravito avec Marion et sa mère. Ma belle-mère me dit d’arrêter quand Marion me pousse au cul comme jaja. Dedieu que c’était nécessaire ! Je repars en randonnée rapide et je terminerai l’affaire tranquillement. Merci le Coca-Cola (je ne sais pas ce qu'il y a là-dedans mais ça rebooste) ! Encore un apprentissage, douloureux mais riche.

Je ne me remotiverai pas avant Octobre et les 10km de Caluire, où nous habitions. Une nouvelle marque en 43 minutes sans grande saveur immédiate. Bon on se dit quand même que passer sous les 40’ ça devrait être atteignable un jour. Eliud Kipchoge, je me rapproche !

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2017-2018 dans le dur

Je m’entretiens juste, je crois que je n’arrive pas à faire la part des choses avec le boulot. Et le dernier long format m’a bien carbonisé le mental. La passion est là, dans l’ombre, elle attend.

La coupure « Tour du monde » me recentre, me ramène à l’Essentiel. Je reprends confiance en moi. C’est de bon augure pour la suite. Et puis je me rends compte que l’endurance est là.

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2019 Back to Trail

Je refais surface, le couteau entre les chicos. Je tiens mon nouvel objectif, la 6000D. Je fonctionne bien comme ça, à l’objectif ! comme un âne avec sa carotte. En plus de ça, on a retrouvé nos racines campagnardes de bugistes. C’est beaucoup plus agréable pour s’entraîner. Les sentiers sont sauvages, l’évasion est complète à chaque sortie.

Pour la 6000D, mon objectif est de gérer le dénivelé cumulé. Je m’entraîne bien sur les pentes des montagnes du Jura aindinois. Pas un énorme volume d’entrainement mais je me sens bien. Les mollets sont suffisamment aiguisés.

Le résultat est mitigé, un peu frustrant. Si vous ne connaissez pas cette course, c’est quasiment que de la montée puis que de la descente. Parti en 2ème moitié de peloton, je reprends les concurrents dans toute la montée et même sur la majorité de la descente. Je gère plutôt bien mon alimentation jusqu’au 55-60ème km. Puis l’erreur d’impatience, ce n’est pas ma plus grande qualité en même temps ! Je saute le dernier ravitaillement. Le débile ! Incroyable ! Au bout de 2km je n’ai plus d’eau et il commence à faire très chaud dans la vallée. Ça ne loupe pas, le moteur explose ou plutôt un mollet qui tétanise à chaque pas. Je ferai toute la partie plate sur bitume en marchant. 5 ou 6 bornes où tous les gars que tu as doublé te tapes sur l’épaule en te disant « c’est bientôt la fin »…

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 2020 : Covid & Trail

L’objectif : une 2ème année en forme et passer le cap des 100km. L’Ultra Trail des Montagnes du Jura est maintenu, pour l’instant. Le format « Franco-Suisse » de 104km 4960mD+ me parait idéal. Plus qu’à trouver le temps et le courage de faire un certificat médical en période de pandémie. La préparation a débuté malgré le confinement. Très spécial. Je me suis mis à potasser les cartes IGN du coin. Un truc de vieux, pas faux. Je dois avoir une âme de vieux à l’intérieure parfois.

D’un autre côté, je découvre le renforcement musculaire et le yoga stretching. Ça s’est mon côté plus féminin. Des séances C.A.F. avec Marion qui me met clairement la misère à chaque fois. Des raideurs dans les guiboles à faire pâlir un octogénaire…il y a du taff !

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Et après

Eh bien, j’ai compris que le trail demande de l’humilité et de la patience dans son apprentissage. Mon âme de vieux refait surface. Donc on fera le bilan de ce premier format Ultra.

J’ai aussi des envies de découvertes ou re-découvertes. Le ski de fond et le VTT. Et pourquoi pas un cross ou deux. Les idées, ça ne manque pas !

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